Écrit en 1770
Cette chanson célébrissime parle de l'effet produit sur un jeune garçon par l'armée constituée par le Congrès Continental et commandée par George Washington. C'est le garçon lui-même qui raconte.
Le terme Yankee vient à l'origine d'un sobriquet donné par les Britanniques aux ressortissant de leurs colonies d'Amérique du Nord. Ce terme est emprunté aux Indiens qui appelaient les colons "Yankee" en prononçant improprement le mot "English". D'abord appliqué seulement aux ressortissants de la Nouvelle-Angleterre, le mot a désigné ensuite les ressortissants de l'Union durant la guerre de sécession, puis a fini par désigner tous les citoyens des Etats-Unis.
Ma traduction est aussi proche que possible du mot-à-mot, pour permettre de suivre au mieux le sens du texte original. Je ne suis nullement un traducteur confirmé, et encore moins un expert de l'anglais parlé en Amérique du Nord au XVIIIème siècle. J'ai indiqué en italique les parties que je n'ai pas su traduire, ce qui ne veut pas dire que je considère le reste comme fiable. Si un lecteur compétent lit ces lignes, je lui serais reconnaissant de bien vouloir corriger ma traduction (vous pouvez écrire à traducteurs@nouveau-monde.org).
| Yankee Doodle | Griffonnage Yankee |
| Father and I went down to camp, Along with Captain Gooding; And there we saw the men and boys, As thick as hasty pudding. |
Mon père et moi nous descendions au camp, En compagnie du Capitaine Vertueux; Et là-bas nous avons vus des hommes et des garçons, Aussi tassés que du pudding à l'avoine. |
| Yankee doodle, keep it up, Yankee doodle dandy; Mind the musie and the step, And with the girls be handy. |
Griffonage Yankee, conserve-le, Griffonage Yankee formidable; Souviens-toi de la musique et des pas, Et avec les filles sois adroit. |
| There was Captain Washington Upon a slapping stallion, A-giving orders to his men, I guess there was a million. |
Il y avait le Capitaine Washington Sur un étalon bondissant, Donnant des ordres à ses hommes, Je crois bien qu'il y en avait un million. |
| And then the feathers on his hat, They looked so' tarnal fin-a, I wanted pockily to get To give to my Jemima. |
Et puis les plumes sur son chapeau, Elles semblaient si attirantes, Que je voulais en chipper une, Pour la donner à ma Jemima. |
| And then we saw a swamping gun, Large as a log of maple; Upon a deuced little cart, A load for father's cattle. |
Et puis nous avons vu un canon cracheur, Large comme un tronc d'érable, Sur un petit charriot à double essieu, Un chargement pour le bétail du père. |
| And every time they shoot it off, It takes a horn of powder; It makes a noise like father's gun, Only a nation louder. |
Et chaque fois qu'ils le tirent, Il consomme une corne de poudre, Il fait un bruit comme le fusil du père, Juste plus fort d'une nation. |
| I went as nigh to one myself, As' Siah's underpinning; And father went as nigh agin, I thought the deuce was in him. |
Je vins moi-même aussi près que possible, Comme les fondations de Siah; Et père vint aussi tout contre, J'ai cru qu'il avait le diable en lui. |
| We saw a little barrel, too, The heads were made of leather; They knocked upon it with little clubs, And called the folks together. |
Nous avons vu aussi un petit tonneau, Les fonds étaient faits de cuir; Ils y frappaient dessus avec des baguettes, Et rassemblaient les gens. |
| And there they'd fife away like fun, And play on cornstalk fiddles, And some had ribbons red as blood, All bound around their middles. |
Et ils ont fait du fifre joyeusement, Et joué au violon avec des trognons de maïs, Et certains avaient des rubans rouge sang, Ceinturant leurs tailles. |
| The troopers, too, would gallop up And fire right in our faces; It scared me almost to death To see them run such races. |
Les troupes, aussi, sont parties au galop, Et ont tiré juste sous nos nez, Ça m'a fait peur à en mourir, De les voir faire de telles courses. |
| Uncle Sam came there to change Some pancakes and some onions, For' lasses cake to carry home, To give his wife and young ones. |
L'Oncle Sam est venu pour échanger, Quelques crêpes et quelques oignons, Afin que les jeunes filles ramènent des gâteaux à la maison, Pour les donner à sa femme et aux petites filles. |
| But I can't tell half I see They kept up such a smother; So I took my hat off, made a bow, And scampered home to mother. |
Mais je ne peux raconter la moitié de ce que j'ai vu, Ils ont soulevé une telle poussière, Que j'ai enlevé mon chapeau et fait une révérence, Et que j'ai détalé à la maison vers maman. |
| Cousin Simon grew so bold, I thought he would have cocked it; It scared me so I streaked it off, And hung by father's pocket. |
Le cousin Simon est devenu si hardi, Je pensais qu'il aurait fait front; Ça m'a effrayé aussi je suis parti comme un éclair, Et je me suis suspendu à la poche de papa. |
| And there I saw a pumpkin shell, As big as mother's basin; And every time they touched it off, They scampered like the nation. |
Et alors j'ai vu une peau de potiron, Aussi grande que l'évier de maman, Et chaque fois qu'ils la faisaient sauter, Ils décampaient comme la nation. |
| Yankee doodle, keep it up, Yankee doodle dandy; Mind the music and the step, And with the girls be handy |
Griffonage Yankee, conserve-le, Griffonage Yankee formidable; Souviens-toi de la musique et des pas, Et avec les filles sois adroit. |
UN JEUNE AMÉRICAIN.