Moyen de conserver la santé.

Extrait de l'almanach du bonhomme Richard, 1742.

Mange et bois l'exacte quantité que ton corps réclame eu égard au service de ton esprit.

Ceux qui étudient beaucoup ne doivent pas manger autant que ceux qui travaillent fort, leur digestion n'étant pas si facile.

Quand tu auras trouvé la quantité et la qualité qui te sont nécessaires, garde-les constamment.

Évite l'excès en toutes choses, aussi bien que dans le boire ou le manger.

La jeunesse, l'âge, la maladie, demandent une différente quantité de nourriture. Il en est de même pour les diverses constitutions; ce qui est trop pour un flegmatique, n'est pas assez pour un tempérament colérique.

La quantité de nourriture doit être autant que possible proportionnée à la qualité et aux conditions de l'estomac, pour que l'estomac la digère.

Si cette quantité est suffisante, l'estomac peut parfaitement la cuire et la digérer; elle suffit pour nourrir convenablement le corps.

On peut manger de certains aliments plus que d'autres, quand ils sont de plus légère digestion.

La difficulté gît à trouver une mesure exacte; mais mange par nécessité non par plaisir, car la gourmandise ne sait pas où le besoin finit.

Veux-tu jouir d'une longue vie, d'un corps sain, d'un esprit vigoureux; veux-tu goûter les œuvres merveilleuses de Dieu, travaille d'abord à soumettre tes appétits à ta raison.

Benjamin FRANKLIN (1706-1790)

Numérisé et édité en HTML par JM Leloup pour nouveau-monde.org, à partir de la traduction de E. Laboulaye. Extrait des Essais de Morale et d'Economie Politique (3e. Ed., Hachette, Paris, 1872).

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