Manuscrit Définitif, 19 septembre 1796
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Amis & Concitoyens, [1]
Le moment d'une nouvelle élection d'un citoyen destiné à gérer le gouvernement exécutif des Etats-Unis n'est plus très éloigné; et le moment est maintenant arrivé, où vos pensées doivent être utilisées pour choisir la personne qui va être revêtue de cette importante confiance. Il m'apparaît approprié, tout particulièrement car cela peut conduire à une expression plus claire de la voix publique, que je dois maintenant vous informer de la résolution que j'avais formée, de renoncer à être à considérer comme étant au nombre de ceux parmi lesquels le choix puisse se faire.
Je vous prie, en même temps, de me faire la justice d'être assuré, que cette résolution n'a pas été prise sans un regard strict sur toutes les considérations relatives à la relation qui lie un Citoyen dévoué à son pays - et que, en retirant l'offre de service que le silence dans ma Situation pouvait impliquer, je ne suis influencé ni par aucune diminution d'ardeur pour votre intérêt futur, ni par aucune insuffisance de reconnaissant respect pour vos bontés passées; mais que je suis soutenu par la totale conviction que cette étape est compatible avec ces deux points.
L'acceptation, et la continuation jusqu'à présent, de la Charge à laquelle vos Suffrages m'ont deux fois appelé, ont été un sacrifice permanent de l'inclination personnelle à l'idée de devoir, et une déférence pour ce qui s'est avéré être votre souhait. J'ai constamment espéré qu'il aurait pu être beaucoup plus tôt en mon pouvoir, d'accord avec mes souhaits, que je n'avais pas liberté de négliger, de retourner à cette retraite, de laquelle j'avais été tiré à contrecœur. La force de mon inclination à faire cela, avant la dernière élection, avait même mené à la préparation d'un message pour vous le déclarer; mais la considération mûrement réfléchie de la position alors critique de nos affaires avec les nations étrangères, et le conseil unanime des personnes connaissant mon secret, m'ont poussé à abandonner l'idée.
Je me réjouis, que l'état de vos soucis, extérieurs aussi bien qu'intérieurs, ne rende plus la poursuite de mon inclination incompatible avec le sentiment du devoir, ou les convenances; et je suis persuadé, quelque opinion partiale puisse être retenue de mes services, que dans les circonstances actuelles de notre pays, vous ne désapprouverez pas ma détermination de me retirer.
Les impressions, avec lesquelles j'ai assumé la première fois la difficile confiance, ont été expliquées au moment adéquat. A la décharge de cette confiance, je dirai seulement, que j'ai, avec de bonnes intentions, contribué à l'organisation et l'administration du gouvernement, de toutes les forces dont un jugement très faillible était capable. Non sans conscience, dès le départ, de l'infériorité de mes qualifications, de mon expérience, à mes propres yeux, peut-être encore plus aux yeux des autres, a renforcé les raisons de me défier de moi-même; et chaque jour l'accroissement du poids des ans m'avertit de plus en plus, que l'ombre de la retraite m'est aussi nécessaire qu'elle sera bienvenue. Satisfait de savoir que si les circonstances ont donné une valeur particulière à mes services, elles étaient provisoires, j'ai le consolation de croire, que tandis que le choix et la prudence m'invitent à quitter la scène politique, le patriotisme ne me l'interdit plus.
En attendant ce moment, destiné à terminer la carrière de ma vie publique, mes sentiments ne m'autorisent pas à différer l'expression de ma reconnaissance pour cette dette de gratitude que je dois à mon pays bien-aimé, pour les nombreux honneurs qu'il m'a conférés; plus encore pour l'inaltérable confiance dont il m'a témoigné; et pour les occasions que j'ai depuis lors appréciées, de manifester mon inviolable attachement, par des services fidèles et persévérants, bien qu'ils fussent d'une utilité inégale à mon ardeur. Si des avantages pour notre pays ont résulté de ces services, souvenez-vous à tout jamais dans vos louanges, comme un instructif exemple de nos annales, que, alors que les circonstances étaient telles que les Passions s'agitaient en tout sens et nous exposaient à nous fourvoyer, parmi les apparences trompeuses, les vicissitudes de la fortune souvent décourageantes, dans des situations pour lesquelles un fréquent besoin de Succès a contenu les critiques, la constance de votre appui était le soutient essentiel de nos efforts, et la garantie du succès des plans par lesquels ils ont été effectués. Profondément pénétré de cette idée, je descendrai avec elle dans ma tombe, comme une forte incitation à des vœux incessants que le Ciel continue à vous témoigner sa très-grande protection - que votre union et fraternelle affection puisse être perpétuelle - que la libre constitution, travail de vos mains, puisse être pieusement préservée - que son administration dans chacun de ses services puisse être estampillée des sceaux de la sagesse et de la Vertu - qu'enfin, le bonheur du peuple de ces états, sous les auspices de la liberté, puisse devenir complet, par une préservation très-attentive et une utilisation très-prudente de cette bénédiction, qui lui acquerra la gloire d'être recommandée aux applaudissements, à l'affection - et à l'adoption par toutes les nations qui lui sont encore étrangères.
Ici, peut-être, je devrais m'arrêter. Mais une sollicitude pour votre bien-être, qui ne peut pas se terminer avec ma vie, et l'appréhension du danger, naturelle à cette sollicitude, m'invitent lors d'une occasion comme celle-là, à offrir à votre contemplation solennelle, et à recommander à votre examen fréquent, quelques sentiments; qui sont le résultat de beaucoup de réflexion, et non d'observations légères, et qui m'apparaissent très importants pour la permanence de votre bonheur en tant que Peuple. Ceux-ci vous seront offerts avec la plus grande liberté de ton car vous n'y pourrez voir que les avertissements désintéressés d'un ami sur le départ, qui ne peut avoir aucun motif personnel à biaiser ses conseils. De même ne puis-je oublier, ce qui m'encourage, l'indulgent accueil que vous avez fait à l'expression de mes sentiments lors d'une occasion antérieure et assez-semblable.
L'amour de la liberté étant entrelacé dans chaque fibre de vos cœurs, aucune recommandation personnelle n'est nécessaire pour enrichir ou confirmer votre Attachement.
L'unité du gouvernement qui fait de vous un seul peuple vous est aussi maintenant cher. Cela est juste ainsi; car c'est un des principaux Piliers dans l'édifice de votre vraie indépendance, support de votre tranquillité à la maison; de votre paix extérieure; de votre sûreté; de votre prospérité; de cette liberté que vous chérissez tant. Mais il est facile de prévoir qu'à partir de différentes occasions et par différents partis, beaucoup de peine sera prise, beaucoup d'artifices utilisés, pour affaiblir dans vos esprits la conviction de cette vérité; car c'est le point dans votre forteresse politique contre laquelle les batteries des ennemis internes et externes seront le plus constamment et activement (bien que souvent secrètement et insidieusement) dirigées. C'est en prenant un temps infini, que vous devriez correctement estimer l'immense valeur de votre union nationale pour votre bonheur collectif et individuel; que vous devriez chérir un attachement à elle cordial, habituel et inamovible; vous accoutumant à y penser et à en parler comme le Palladium de votre sûreté politique et de votre prospérité; veillant à sa conservation avec une inquiétude jalouse; décourageant tout ce qui pourrait suggérer ne serait-ce que le soupçon qu'elle puisse être abandonnée en quelque éventualité que ce soit, et fronçant les sourcils avec indignation dès la naissance de toute tentative de séparer une quelconque portion de notre Pays du reste, ou d'affaiblir les liens sacrés qui maintenant en unissent les différentes parties.
Pour cela ayez tout encouragement de sympathie et d'intérêt. Citoyens par naissance ou par choix, d'un pays commun, que ce pays ait le droit de concentrer votre affection. Le nom d'Américain, qui est le vôtre, dans notre capacité nationale, doit toujours exalter la juste fierté du Patriotisme, plus que toute appellation dérivée de considérations locales. Avec des ombres légères de différences, vous avez la même Religion, les mêmes Manières, Habitudes et Principes politiques. Vous vous êtes battus et avez triomphés ensemble dans une cause commune, souffrants et vainquants.
Mais ces considérations, quoique s'adressant puissamment d'elles-mêmes à votre sensibilité, sont grandement supplantées par celles qui se présentent plus immédiatement à votre intérêt. Ici, chaque partie de notre pays trouve les plus impérieux motifs pour protéger et préserver soigneusement l'Union de l'ensemble.
Le Nord, dans ses rapports sans contraintes avec le Sud, protégés par les Lois équitables d'un gouvernement commun, trouve dans les productions de ce dernier de grandes ressources additionnelles d'entreprises maritimes et commerciales et de précieux matériaux pour son industrie manufacturière. Le Sud, dans le même rapport, bénéficiant de l'intermédiaire du Nord, voit son agriculture croître et son commerce s'étendre. Détournant en partie dans ses propres voies les marins du Nord, il trouve sa navigation particulière vivifiée; et alors qu'il contribue, de différentes façons, à nourrir et accroître la masse générale de la navigation nationale, il attend avec impatience la protection d'une force maritime, à laquelle il est lui-même inégalement adapté. L'Est, dans un rapport semblable avec l'Ouest, trouve déjà, et dans l'extension progressive des communications intérieures, par terre et par voies d'eau, trouvera de plus en plus un débouché valable pour les commodités qu'il importe ou bien qu'il manufacture sur place. L'Ouest trouve dans l'Est les fournitures nécessaires à sa croissance et à son confort, et ce qui est peut-être encore d'une plus grande importance, il doit de toute évidence la jouissance sûre de ses indispensables débouchés pour ses propres productions au poids, à l'influence, et à la future force maritime de la face atlantique de l'Union, dirigée par une indissoluble communauté d'intérêts comme une nation. Tout autre moyen par lequel l'Ouest pourrait avoir cet avantage essentiel, soit obtenu par sa seule force, soit par un lien apostat et contre-nature avec une Puissance étrangère, serait intrinsèquement précaire.
Alors que jusque là chaque partie de notre pays sent ainsi un intérêt immédiat et particulier dans l'Union, toutes les parties combinées ne peuvent manquer de trouver dans l'ensemble réuni des moyens et des efforts, de plus grandes forces, de plus grandes ressources, une protection des dangers extérieurs proportionnellement plus grande, de moins fréquentes interruptions de leur Paix par les Nations étrangères; et cela est d'une valeur inestimable ! Elles doivent retirer de leur Union d'être exemptes de brouilles et de Guerres entre elles, qui affligent si fréquemment les pays voisins, quand ils ne sont pas liés ensemble par un même gouvernement; que leurs propres rivalités à elles seules seraient suffisantes à produire, mais que des alliances étrangères opposées, des attachements et des intrigues stimuleraient et rendraient plus amères. D'où de même elles éviteront la nécessité de ces établissements Militaires surdimensionnés, qui sous toutes les formes de gouvernement sont défavorables à la liberté, et qui doivent être vus comme particulièrement hostiles à la Liberté Républicaine : C'est dans ce sens que notre union doit être considérée comme un soutien essentiel de notre liberté, et que l'amour de l'un doit faire apprécier la préservation de l'autre.
Ces considérations parlent un langage persuasif à tout esprit réfléchi et vertueux, et met en évidence la continuation de l'Union comme un objectif principal du désir Patriotique. Y a-t-il un doute, si un gouvernement commun est capable d'embrasser une sphère si large ? Laissez l'expérience répondre à cette question. Ecouter la simple spéculation dans un tel cas serait criminel. Nous sommes autorisés à penser qu'une propre organisation de l'ensemble, avec les agences des gouvernements pour leurs Subdivisions respectives, offrira une issue heureuse à l'expérience. Ceci vaut bien une expérience honnête et complète. Avec de si puissants et évidents motifs d'Union, affectant toutes les parties de notre pays, alors que l'expérience n'a pas démontré son impraticabilité, il y aura toujours des raisons, de douter du patriotisme de ceux, qui de toute part pourraient s'efforcer d'affaiblir ses liens.
En examinant les causes qui pourraient perturber notre Union, il apparaît comme sujet d'inquiétude sérieuse, que chaque terre semble avoir été conçue pour être caractérisée par des discriminations Géographiques - Le Nord et le Sud, - l'Atlantique et l'Ouest; d'où il s'ensuit que ceux qui ont des projets peuvent tenter d'exciter la croyance qu'il y a une différence réelle de vues et d'intérêts locaux. L'un des expédients d'un Parti pour acquérir de l'influence, dans un district particulier, est de déformer les opinions et les intentions des autres districts. Vous ne vous protégerez jamais assez contre les jalousies et les flambées émotionnelles qui naissent de ces mal-représentations. Elles tendent à rendre Étrangers les uns aux autres ceux qui devraient être liés ensemble par une Affection fraternelle. Les Habitants de l'Ouest ont eu dernièrement une leçon utile sur ce sujet. Ils ont Vu, dans la Négociation avec l'Éxecutif, dans l'unanime ratification du Traité avec l'Espagne par le Sénat, et dans la satisfaction universelle éprouvée dans tous les États-Unis à cette occasion, une preuve décisive de combien étaient non fondées les suspicions propagées parmi eux concernant la politique du Gouvernement Général et des États Atlantiques, soupçonnés d'être inamicaux relativement à leurs Intérêts concernant le Mississippi. Ils ont été témoins de la formation de deux traités, celui avec la Grande-Bretagne et celui avec l'Espagne, qui leur sécurisent tout ce qu'ils puissent désirer pour assurer leur prospérité, relativement à nos Relations Étrangères. Pour la préservation de ces avantages, ne serait-il pas sage de s'appuyer sur l'Union par laquelle ils furent obtenus ? Ne seront-ils pas en conséquence sourds à ces Conseilleurs, ou prétendus tels, qui les couperaient de leurs frères et les allieraient aux Étrangers ?
Pour l'efficacité et la permanence de Votre Union, un gouvernement d'ensemble est indispensable. Aucune Alliance entre les parties, aussi stricte soit-elle n'est un substitut adéquat. Elles devraient inévitablement faire face aux infractions et aux interruptions qu'ont subies en tous temps toutes les Alliances. Sensible à cette importante vérité, vous avez amélioré votre premier essai, par l'adoption d'une Constitution d'un Gouvernement, mieux calculé que le précédent pour une Union intime, et pour la gestion efficace de vos affaires communes. Ce gouvernement, fruit de nos propres choix, libre et sans crainte, adopté après mûre investigation et délibération, complètement libre dans ses principes, dans la distribution de ses pouvoirs, unifiant la défense avec énergie, et contenant en lui-même un espace pour son propre amendement, a juste réclamé votre confiance et votre soutient. Le respect pour son autorité, l'obéissance à ses Lois, l'accord donné à ses mesures, sont les devoirs liés aux maximes fondamentales de la véritable Liberté. La base de nos Systèmes politiques est le droit du peuple de faire et d'amender leur Constitution du gouvernement. Mais la Constitution qui existe à moment donné, jusqu'à ce qu'elle soit changée par un authentique et explicite acte du peuple tout entier, est obligatoire et sacrée pour tous. L'idée véritable du pouvoir et du droit du Peuple à établir un Gouvernement présuppose le devoir pour chaque individu d'obéir au Gouvernement établi.
Toutes les obstructions à l'exécution des Lois, toutes les combinaisons et les Associations, sous toute forme plausible, ayant le dessein véritable de diriger, contrôler, contrebalancer, ou impressionner la délibération régulière et l'action des autorités Constituées sont destructif de ce principe fondamental et participent d'une tendance fatale. Elles servent à Organiser une faction, à lui donner une force artificielle et extraordinaire - à substituer à la place de la volonté déléguée par la Nation, la volonté d'un parti; souvent une petite mais astucieuse et entreprenante minorité de la Communauté; et, suite aux triomphes alternés des différents partis, à faire de l'Administration publique le Miroir des projets incongrus et mal-concertés d'une faction, plutôt que l'Organe des plans consistants et sains condensés par les conseils communs et modifiés par les intérêts mutuels. De quelque manière que les combinaisons et Associations de la description ci-dessus puissent, maintenant et plus tard, répondre aux vœux populaires, elles sont susceptibles, dans la course du temps et des événements, de devenir des moteurs puissants, au moyen desquels des hommes rusés, ambitieux et sans scrupules peuvent être mis à même de subvertir le Pouvoir du Peuple et d'usurper pour eux-mêmes les rênes du Gouvernement; détruisant par la suite les rouages mêmes qui les ont hissés à une injuste domination.
Pour la préservation de votre Gouvernement et la permanence de votre heureux état actuel, il est requis, non seulement que vous décontenanciez régulièrement les oppositions irrégulières à son autorité reconnue, mais aussi que vous résistiez avec attention à l'esprit d'innovation par rapport à ses principes aussi spécieux que soient les prétextes. Une des méthodes d'assaut pourrait être de faire, dans les formes de la Constitution, des altérations qui détériorent l'énergie du système, et donc qui sapent ce qui ne peut être abattu directement. Dans toutes les modifications où vous pourriez être conviés, souvenez-vous que le temps et les habitudes sont au moins aussi nécessaires pour fixer le véritable caractère des gouvernements, comme les autres institutions humaines - que l'expérience est le standard le plus sûr, avec lequel on peut tester la tendance réelle de la Constitution existante d'un Pays - que la facilité à tout changer sur le crédit de simples hypothèses et d'opinions expose à des changements perpétuels, dus à un nombre sans fin d'hypothèses et d'opinions : Et souvenez-vous, spécialement, que pour une gestion efficace de vos intérêts communs, dans un pays aussi vaste que le nôtre, un Gouvernemnt d'une vigueur aussi forte qu'il est compatible avec une assurance parfaite de la liberté est indispensable - la Liberté elle-même se trouvera dans un tel gouvernement, avec des pouvoirs convenablement distribués et ajustés, son plus sûr gardien. Il est en vérité à peine plus qu'un mot, le Gouvernement qui est trop faible pour contrecarrer les entreprises d'une faction, pour confiner chaque membre de la Société dans les limites prescrites par les lois et maintenir dans une joie tranquille et sûre les droits de la personne et de la propriété.
Je vous ai déjà suggéré le danger de Partis dans l'État, avec une référence particulière à leur fondement sur les discriminations géographiques. Permettez-moi maintenant de prendre une vue plus synthétique, et de vous mettre en garde de la manière la plus solennelle contre les effets funestes de l'Esprit de Parti, en général.
La Volonté de Puissance, par malchance, est inséparable de notre nature, ayant ses racines dans les plus fortes passions de l'Esprit humain. Elle existe sous différentes formes dans tous les Gouvernements, plus ou moins étouffée, contrôlée ou réprimée, mais dans ceux du type populaire, elle prend sa plus grande extension et elle est vraiment leur pire ennemie.
La domination alternée d'une faction sur une autre, aiguillonnée par l'esprit de revanche naturelle aux dissensions partisanes, qui à différentes époques et en différents pays a perpétué les plus horribles énormités, est par lui-même un despotisme effrayant. Mais cela conduit à la longue à un despotisme plus formel et permanent. Les désordres et les misères qui résultent, inclinent graduellement l'esprit des hommes à rechercher la sécurité et le repos dans le pouvoir absolu d'un Individu : Et tôt ou tard, le chef d'une quelconque faction dominante, plus capable ou plus chanceux que ses compétiteurs, tourne cette disposition pour les besoins de sa propre élévation, sur les ruines de la Liberté Publique.
Sans anticiper une extrémité de ce genre (qui ne devrait jamais être hors de vue) les méchancetés communes et continuelles de l'esprit de Parti sont suffisantes pour faire en sorte que ce soit l'intérêt et le devoir d'un Peuple avisé de les décourager et de les restreindre.
Il sert toujours à distraire les Conseils Publics et à affaiblir l'Administration Publique. Il agite la Communauté avec des Jalousies sans fondement et de fausses alarmes, allume l'animosité d'une faction contre l'autre, fomente occasionnellement des émeutes et des insurrections. Il ouvre la porte à l'influence étrangère et à la corruption, qui trouvent un accès facilité au gouvernement lui-même via les passions partisanes. Alors la politique et la volonté d'un pays sont soumises à la volonté et à la politique d'un autre pays.
Il existe une opinion comme quoi les partis dans les pays libres sont des contrôles utiles de la Gestion du Gouvernement et servent à garder vivant l'esprit de la Liberté. Ceci, dans certaines limites, est probablement vrai - et dans les Gouvernements de type Monarchique le Patriotisme peut regarder avec indulgence, sinon avec faveur, l'esprit de parti. Mais dans ceux de caractère populaire, dans les Gouvernements purement électifs, c'est un esprit à ne pas encourager. De par leur tendance naturelle, il est certain qu'il y aura toujours suffisamment de cet esprit pour tout but salutaire. Et comme il y a un danger constant d'excès, l'effort doit être, par la force de l'opinion publique, de l'atténuer et de l'adoucir. C'est un feu qu'il ne faut pas éteindre, mais qui exige une vigilance constante pour empêcher son embrasement, de peur qu'au lieu de chauffer il consume.
Il est important, de même, que les habitudes de pensée dans un Pays libre inspirent l'attention de ceux auxquels son Administration est confiée, pour les confiner eux-mêmes dans leurs Sphères Constitutionnelles respectives; évitant dans l'exercice des Pouvoirs d'un service de déborder sur un autre. L'esprit de l'empiétement tend à rassembler les pouvoirs de tous les services en un seul, et à créer ainsi, quelle que soit la forme du gouvernement, un vrai despotisme. Une évaluation juste de cet amour du pouvoir, et la propension à en abuser, qui prédomine dans le cœur humain, est suffisante pour nous convaincre de la vérité de cette assertion. La nécessité de contrôles réciproque dans l'exercice du pouvoir politique; en le divisant et en le distribuant entre différents dépositaires, et la constitution de chacun en Gardien du Bien Public contre les invasions des autres, a été démontrée par des expériences antiques et modernes; certaines d'entre elles dans notre pays et sous nos propres yeux. Les préserver est aussi nécessaire que les instituer. Si selon l'opinion du Peuple, la distribution ou la modification des pouvoirs Constitutionnels est mauvaise dans un cas en particulier, qu'elle soit corrigée par un amendement de la manière que la Constitution indique. Mais laissez là tout changement par usurpation; car quoique ceci, parfois, puisse être l'instrument du bien, c'est l'arme habituelle par laquelle les gouvernements libres sont détruits. Un tel précédent surpassera toujours considérablement dans le mal à long terme n'importe quel avantage partiel ou passager que son utilisation a pu apporter à moment donné.
De toutes les dispositions et habitudes qui mènent à la prospérité politique, la Religion et la moralité sont des supports indispensables. En vain un homme réclamerait l'hommage du Patriotisme, qui travaillerait à renverser ces grands Piliers du bonheur humain, ces très-fermes soutiens des devoirs des Hommes et citoyens. Le simple Politicien, tout comme l'homme pieux, doit les respecter et les aimer. Un volume ne pourrait tracer toutes leurs connexions avec la félicité privée et publique. Qu'il soit simplement demandé où serait la sécurité pour la propriété, pour la réputation, pour la vie, si le sens du devoir religieux désertait les Serments, qui sont les instruments d'investigation dans les Cours de Justice ? Et laissez-nous avec prudence nous livrer à la supposition, que la moralité puisse être maintenue sans la religion. Quoiqu'il puisse être concédé à l'influence d'une éducation raffinée sur des esprits de structure particulière - raison et expérience nous interdisent toutes deux de compter que la moralité Nationale puisse prévaloir dans l'exclusion du principe religieux.
Il est essentiellement vrai, que la vertu ou la moralité est une origine nécessaire du gouvernement populaire. La règle s'étend vraiment avec plus ou moins de force à chaque sorte de Gouvernement Libre. Celui qui en est un ami sincère, peut regarder avec indifférence les tentatives d'en secouer les fondations.
Favorisez alors comme un objet d'importance primordiale, les Établissements pour la diffusion générale de la connaissance. Dans la proportion où la structure d'un gouvernement donne la force à l'opinion publique, il est essentiel que l'opinion publique soit éclairée.
Comme source très importante de force et sécurité, nourrissez le crédit public. Une méthode pour le préserver est de l'utiliser aussi économiquement que possible : Évitez les occasions de dépenses en cultivant la paix, tout en vous rappelant que des débours en temps opportun pour se préparer au danger empêchent fréquemment de bien plus importants débours pour le repousser. Évitez de même l'accumulation de la dette, non seulement en fuyant les occasions de dépenses, mais par des efforts vigoureux en temps de Paix pour se décharger des Dettes que d'inévitables guerres pourraient avoir occasionnées. Ne laissons pas égoïstement à la postérité le fardeau que nous devons porter nous-mêmes. L'exécution de ces maximes appartient à vos Représentants, mais il est nécessaire que l'opinion publique coopère. Pour leur faciliter l'exécution de leur devoir, il est essentiel que vous ayez en tête, en pratique, que pour payer les dettes il faut un Revenu. Que pour avoir un Revenu, il doit y avoir des impôts. Qu'aucun impôt ne peut être inventé qui ne soit plus ou moins incommode et désagréable. Que cet embarras intrinsèque, qui est inséparable du Choix des buts adéquats (ce qui est toujours un arbitrage entre des choix difficiles), doit être un motif décisif pour que le gouvernement ait une Conduite sincère et cherche à obtenir un esprit de consentement à ces mesures, que les exigences publiques peuvent à tout moment dicter.
Faites preuve de bonne foi et de justice envers toutes les Nations. Cultivez la paix et l'harmonie avec tous. La Religion et la morale nous enjoignent cette conduite; et peut-il être une bonne politique qui ne l'encourage pas également ? Il sera digne d'une Nation libre, éclairée, et sous peu, grande, de donner à l'humanité l'exemple magnanime et par trop neuf d'un Peuple toujours guidé par une bienveillance et une justice exaltée. Qui peut douter qu'au cours du temps et des événements les fruits d'un tel plan ne rembourseraient richement n'importe quel avantage provisoire qui aurait pu être perdu par une adhésion sans faille à une telle politique ? Se peut-il, que la Providence n'ait pas relié la félicité permanente d'une Nation avec sa vertu ? L'essai d'une telle politique, au moins, est recommandé par tous les sentiments qui anoblissent la Nature humaine. Hélas ! Est-ce rendu impossible par ses vices ?
Dans l'exécution d'un tel plan rien n'est plus essentiel que d'exclure ces antipathies permanentes et invétérées contre des Nations particulières et ces liens passionnés pour d'autres; et de cultiver à la place des sentiments justes et amicaux envers toutes. La Nation qui se livre envers une autre à une haine traditionnelle, ou à un penchant habituel, est dans une certaine mesure esclave. Elle est l'esclave de son animosité ou de son affection, dont l'une ou l'autre est suffisante pour la conduire hors du chemin de son devoir et de son intérêt. L'antipathie d'une Nation contre une autre les dispose toutes deux plus aisément à se faire des insultes et des dommages, à prendre en considération les plus légers ombrages, et à être hautaines et intraitables, quand des occasions de disputes accidentelles ou insignifiantes se produisent. D'où des heurts fréquents, des conflits envenimés, obstinés et sanglants. La Nation, incitée par une volonté et un ressentiment mauvais pousse parfois à la Guerre le Gouvernement, contrairement aux meilleurs calculs politiques. Le Gouvernement participe parfois à la propension nationale, et adopte avec passion ce que la raison aurait rejeté; à d'autres occasions, il utilise l'animosité de la Nation pour des projets hostiles, initiés par l'orgueil, l'ambition et d'autres motifs sinistres et pernicieux. La paix souvent, parfois peut-être la Liberté des Nations en a été la victime.
De même, l'attachement passionné d'une nation pour une autre produit divers maux. La sympathie pour la nation favorisée, facilitant l'illusion d'un intérêt commun imaginaire, dans les cas où aucun véritable intérêt commun n'existe, et distillant dans l'une les animosités de l'autre, trahit la première en l'impliquant dans les querelles et les guerres de la seconde, sans incitation ou justification adéquate : il mène également à concéder à la Nation favorisée des privilèges déniés aux autres, ce qui est susceptible de blesser doublement la Nation faisant les concessions - en partageant inutilement ce qui aurait dû être conservé - et en excitant la jalousie, la mauvaise volonté, et la disposition à exercer des représailles, de la part des tierces parties auxquelles les privilèges sont déniés : Et elle donne aux citoyens ambitieux, corrompus, ou trompeurs (qui se dévouent eux-mêmes pour la Nation privilégiée) toute facilité pour trahir, ou pour sacrifier les intérêts de leur propre pays, sans être odieux, parfois même en étant populaires; faisant briller une déférence louable pour l'opinion publique avec les apparences d'un vertueux sens du devoir, ou d'une ardeur louable pour le bien public, ce qui n'est que basses ou folles complaisances de l'ambition, de la corruption ou de l'infatuation.
Parce que les accès à l'influence étrangère forment des voies innombrables, de telles attaches sont particulièrement alarmantes pour le Patriote véritablement éclairé et indépendant. Ô combien d'occasions ont-elles d'altérer les factions domestiques, de pratiquer les arts de la séduction, de tromper l'opinion publique, d'influencer ou d'intimider les Conseils publics ! Un tel attachement de la part d'une Nation petite ou faible, vers une Nation grande et puissante, voue la première à être le satellite de la seconde.
Contre les volontés insidieuses de l'influence étrangère, (je vous prie de me croire, chers concitoyens), la jalousie d'un peuple libre doit être constamment éveillée; car l'histoire et l'expérience montrent que l'influence étrangère est l'un des ennemis les plus funestes d'un Gouvernement Républicain. Mais pour que cette jalousie soit utile elle doit être impartiale; autrement elle devient l'instrument même de l'influence que l'on voulait éviter, au lieu d'en être la défense. Une partialité excessive pour une nation étrangère et une aversion excessive pour une autre, entraînent ceux qu'elles ont influencés à ne voir le danger que d'un seul côté, et servent à voiler et même à seconder les artifices de l'influence de l'autre. Les vrais Patriotes, qui peuvent résister aux intrigues de la Nation favorisée, sont exposés à devenir suspectés et odieux; tandis que ses outils et dupes usurpent les applaudissements et la confiance du peuple, pour soumettre leurs intérêts.
Notre Grande règle de conduite envers les nations étrangères est d'étendre nos relations commerciales afin de n'avoir avec elles qu'aussi peu de liens politiques qu'il est possible. Autant que nous avons déjà formé des engagements remplissons-les, avec une parfaite bonne foi. Et tenons-nous en là.
L'Europe a un ensemble d'intérêts primordiaux, qui avec nous n'ont aucun rapport, ou alors très lointain. Par conséquent elle est engagée dans de fréquentes polémiques, dont les causes sont essentiellement étrangères à nos soucis. Par conséquent donc il est imprudent pour nous de s'impliquer, à cause de liens artificiels, dans les vicissitudes ordinaires de sa politique, ou les combinaisons et les conflits ordinaires de ses amitiés ou de ses inimitiés.
Notre situation isolée et éloignée nous invite et nous permet de suivre un parcours différent. Si nous restons un seul Peuple, sous un gouvernement efficace, le moment où nous pourrons contrer les dommages matériels d'ennui extérieurs n'est pas très éloignée; quand nous serons capables de prendre une telle attitude à volonté cela fera que la neutralité que nous devons en tout temps préférer soit scrupuleusement respectée; alors les nations belligérantes, dans l'impossibilité de réaliser des acquisitions à notre détriment, ne nous provoqueront pas à la légère, sachant que nous pourrions choisir la paix ou la guerre, selon ce que notre intérêt guidé par le sens de la justice conseillera.
Pourquoi renoncer aux avantages d'une situation si particulière ? Pourquoi quitter notre propre sol pour se tenir sur une terre étrangère ? Pourquoi, en entrelaçant notre destin avec celui d'une quelconque part de l'Europe, empêtrer notre paix et notre prospérité dans les labeurs des ambitions, rivalités, intérêts, humeurs ou caprices européens ?
C'est notre politique véritable d'avancer exempt d'Alliances permanentes avec n'importe quelle partie du Monde étranger - Aussi loin, veux-je dire, que nous sommes maintenant capables de le faire - ne me croyez pas capable de recommander d'être infidèle aux engagements existants, (je soutiens la maxime non moins applicable aux affaires publiques que privées, que l'honnêteté est toujours la meilleur politique) - Je le répète donc, continuez à appliquer ces engagements dans leur sens véritable. Mais à mon avis, il est inutile et serait imprudent de les étendre.
Prenant toujours soin de nous tenir, par des établissements appropriés, sur une honorable position défensive, nous pourrons alors sans risque avoir confiance en des alliances provisoires en cas de situations extraordinaires.
L'harmonie, des rapports libéraux avec toutes les nations, sont recommandées par la politique, l'humanité et l'intérêt. Mais même notre politique Commerciale devrait tenir une balance égale et impartiale: ni rechercher ni accorder des faveurs ou des préférences exclusives; consulter le cours normal des choses; répandre et diversifier par des moyens honnêtes les courants commerciaux, mais ne rien forcer; établir avec les puissances qui y sont disposées - afin de donner au commerce une cours stable, pour définir les droits de nos Marchands, et pour permettre au Gouvernement de les encourager - des règles conventionnelles pour les rapports commerciaux; les meilleures que les circonstances du moment et l'opinion mutuelle permettent, mais provisoires, et susceptibles d'être abandonnées ou changées de temps à autres, selon ce que l'expérience et les circonstances dicteront. Il faut garder constamment à l'esprit que c'est une folie pour une Nation de rechercher les faveurs désintéressées d'une autre - que tout ce qui aurait été reçu dans ces conditions se paye avec une partie de son indépendance - que par une telle acceptation, on peut se placer soi-même dans la position où, ayant donné l'équivalent pour une faveur nominale, on subisse encore le reproche de l'ingratitude pour ne pas donner plus. Il ne peut y avoir aucune plus grande erreur que d'attendre ou de tabler sur des faveurs réelles de Nation à Nation. C'est une illusion que l'expérience doit guérir, qu'une juste fierté doit rejeter.
En vous offrant, mes compatriotes, ces conseils d'un vieux et affectueux ami, je n'ose espérer qu'ils fassent une impression forte et durable. Je pourrais souhaiter qu'ils contrôlent le courant ordinaire des passions, ou qu'ils empêchent notre nation de suivre le cours de ce qui a jusqu'ici marqué le Destin des Nations.; mais puis-je même me flatter qu'ils puissent produire quelque avantage partiel, quelque bien occasionnel; qu'ils puissent maintenant ou plus tard apparaître pour modérer la fureur de l'esprit de parti, pour mettre en garde contre les sottises des intrigues étrangères, pour se garder des Impostures d'un prétendu patriotisme ? Cet espoir sera la pleine récompense de ma sollicitude pour votre bien-être, par laquelle ils ont été dictés.
Les Archives publiques et les autres preuves de ma conduite peuvent témoigner, à Vous et au monde, combien loin dans l'exercice de mes fonctions officielles, j'ai été guidé par les principes qui viennent d'être tracés. Pour ma part, j'ai la certitude en mon âme et conscience d'avoir cru au moins qu'ils me guidaient.
Par rapport à la guerre toujours persistante en Europe, ma proclamation du 22 avril 1793 est l'index de mon Plan. Sanctionné par votre voix approbatrice et par celle de vos représentants dans les deux Chambres du Congrès, l'esprit de cette mesure m'a continuellement régi; inaltéré par toutes les tentatives de m'en décourager ou de m'en détourner.
J'ai été très satisfait que notre Pays, après examen délibéré à l'aide des meilleures lumières que j'ai pu obtenir, dans toutes les circonstances de ce genre, a eu le droit de prendre une position neutre et y ait été lié par le devoir et l'intérêt. L'ayant prise, j'ai été déterminé, dans la mesure où cela dépendait de moi, de la maintenir, avec modération, persévérance et fermeté.
Il n'est pas nécessaire en cette occasion de détailler les considérations qui donnent le droit de tenir cette conduite. J'observerai seulement, que selon ma compréhension de ce sujet, ce droit, jusqu'ici dénié par n'importe laquelle des puissances belligérantes a été depuis pratiquement admis par toutes.
Le devoir de tenir une conduite neutre peut être déduite, sans rien rajouter, de l'obligation que la justice et l'humanité imposent à chaque Nation, dans les cas où elle est libre d'agir, de maintenir inviolées les relations de Paix et d'amitié envers les autres Nations.
Déduisez de vos propres réflexions et expériences les encouragements que donne l'intérêt pour observer cette conduite. Pour ma part, un motif prédominant a été de m'efforcer de gagner du temps pour notre pays afin qu'il puisse établir et mûrir ses encore récentes institutions, et progresser sans interruption, jusqu'à ce degré de force et de cohérence qu'il est nécessaire de lui donner, humainement parlant, pour qu'il commande à son propre destin.
Bien qu'en passant en revue les incidents de mon Administration, je n'ai pas conscience d'avoir commis intentionnellement la moindre erreur, je suis néanmoins trop sensible à mes défauts pour ne pas croire probable d'en avoir commis beaucoup. Quelques qu'elles aient pu être, j'implore avec ferveur le Tout-Puissant d'éviter ou d'atténuer les maux auxquels elles pourraient conduire. Je porterai également avec moi l'espoir que mon Pays ne cessera jamais de les considérer avec indulgence; et qu'après quarante cinq ans de ma vie consacrés à son Service, avec zèle et droiture, les fautes de mes capacités déficientes seront vouées à l'oubli, comme moi-même qui dois bientôt aller en Maison de repos.
Comptant sur la bonté de mon Pays en cela comme en d'autres choses, et mû par l'amour fervent que je lui porte, qui est si naturel à un Homme, qui voit en lui son sol natal et celui de ses ancêtres pour plusieurs Générations; j'anticipe dans une attente agréable cette retraite, dans laquelle je me suis promis de réaliser, sans mélange, le plaisir doux de prendre part, au milieu de mes Concitoyens, à la douce influence de bonnes Lois sous un Gouvernement libre - à tout jamais l'objet favori de mon cœur, et de la récompense heureuse, comme je le crois, de nos soins, travaux et dangers mutuels.
George WASHINGTON (1732-1799)[1] Je suis le premier à trouver ma propre traduction lourde à souhait ! C'est le mieux que mes maigres talents me permettent de faire, tout en veillant au respect du texte anglais original. Toute personne mieux pourvue que moi du don des langues est bienvenue pour donner aide et conseils. Si donner un peu de temps vous agrée, écrivez-moi à traducteurs@nouveau-monde.org. (nde. de l'édition html) [<-]